Pourquoi les meilleures choses ont elles une fin ? Je ne sais pas. Il m'est déjà arrivé de regarder vers l'horizon et de me dire à moi même : tous ces arbres, ces fleurs, ces maisons au loin finiront par tomber, faner, être détruites. Car si les pires cauchemars semblent parfois si réels que l'on doute qu'ils finiront un jour ; les plus beaux évènements passent tels les trains à travers la campagne. On a à peine de temps de profiter la vue qu'offre la fenêtre avant qu'elle change. C'est triste, mais tout est éphèmère. S'accrocher à ses souvenirs est une option parmi d'autres pour oublier que tout est fini et que jamais rien ne sera pareil ; car je le sais, aucune histoire ne se répète à l'identique. A l'exeption près d'une chanson sur un lecteur CD branché sur Repeat. Pleurer, c'est autre chose. On peut toujours pleurer sur un mouchoir pour plus tard sentir l'odeur amère des larmes que l'on a versées et se remémorer ce qui en était à l'origine. Je suppose que seuls les plus déprimés iront jusque là, c'est cependant une idée plausible.
Pourquoi une année si magique doit elle avoir une fin ? En vouloir plus serait dérisoire, et pourtant... Qui n'a jamais désiré avoir la clé du temps pour faire durer au moins quelques secondes de plus un instant merveilleux ? J'ai personellement eu cette envie bien des fois. Le problème majeur dans tout ça, reste la peur. Oui, nous avons tous peur de quelque chose ; reste encore à l'admettre. Le plus courageux des soldats ou l'homme le plus intelligent du monde lui même à des craintes comme chacun d'entre nous. Et la plus grande peur est de loin celle d'oublier. Oublier, d'après un dictionnaire signifierait être incapable de se remémorer quelque chose. Je ne suis pas certaine que cette définition soit la bonne : car oublier relève-t-il vraiment de l'incapacité ? Je ne crois pas ou du moins ne l'espère pas. Je préfère penser que seule notre nature humaine nous empêche de garder toute chose en mémoire. La salle des archives de notre coeur n'est malheureusement pas extansible et certaines choses doivent être éliminés pour laisser place à d'autres plus récentes. C'est injuste. On devrait pouvoir selectionner soit même ce que l'on souhaite bannir à tout jamais de son esprit et ce que l'on préfèrerait conserver encore un moment. Voilà l'utilité des feuilles de papier. Elles sont là pour nous permettre de garder nos mémoires dans un porte documents, ou sur son bureau. Un endroit on pourrait le consulter à tout moment, dès que l'on souhaiterais remonter en arrière pour revoir ce qui nous manque. Même sans les images, les mots nous transporte et retranscrivent à merveille nos pensées.
Adieu année merveilleuse, je sais que tu n'est pas éternelle.